COMMUNIQUE DU 8 SEPTEMBRE 18

COMMUNIQUE DU 8 SEPTEMBRE 2018

Détruire. Détruire l’hôpital de Saint-Claude, l’hôpital du Haut-Jura, c’est la voie que s’est tracée depuis bientôt deux ans l’Agence Régionale de Santé.

Elle vient de confirmer cet acharnement mortifère avec une décision prise le 14 août 2018 qui « retire définitivement au Centre hospitalier Louis JAILLON à Saint-Claude l’autorisation d’exercer l’activité de soins de gynécologie-obstétrique ». La maternité n’était fermée que provisoirement avec la décision de l’ARS en date du 20 mars 2018, et ce provisoire devient donc définitif, du moins pour l’ARS, avec un argumentaire à mourir de rire s’il ne s’agissait encore et toujours de justifier la mort de l’hôpital. Entre autres boutades, on peut lire dans cette décision : « Considérant que l’établissement n’a à aucun moment pris des mesures correctives depuis la suspension de son autorisation d’exercer l’activité de soins de gynécologie-obstétrique jusqu’à ce jour :
–  pour améliorer la situation de fragilité de l’équipe médicale …
–  pour organiser la continuité obstétricale et chirurgicale des soins…
– pour garantir la présence des médecins spécialistes … »

Dans ce jeu de rôles, les comiques associés ARS et direction de l’hôpital viennent encore de nous donner une remarquable représentation.

Car c’est bien l’ARS, qui, sur ordre du ministère de la Santé étrangle financièrement notre hôpital, lui interdit absolument de recruter quelque médecin que ce soit et qui, en même temps, lui fait porter le chapeau que les directions en place s’enfoncent jusqu’au menton.

On avait déjà bien rigolé quand l’ARS, le 18 mai 2017, avait placé le Centre hospitalier de Saint-Claude sous tutelle et confié entre autres missions aux administrateurs provisoires : « La mise en place d’une politique de recrutement médical qui relance la dynamique d’activité et permette d’assurer la prise en charge de la population du territoire. » En douze mois de service, le liquidateur en chef, et exécuteur testamentaire Raoul PIGNARD a recruté ZERO praticien hospitalier.

Les ordres donnés par l’ARS de couler la maternité et de ne recruter aucun personnel ont toujours été suivis à la lettre quand, en ce début d’année, une gynécologue-obstétricienne est venue spécialement à l’invitation du Docteur Nuri BASIC, de Roumanie à Saint-Claude pour exercer dans notre hôpital. Elle s’est entendue dire par la direction que la maternité allait fermer et que sa candidature n’avait donc aucun avenir.

Quand on veut recruter, on le peut comme l’ont démontré les directeurs et directrices d’hier qui, avec les médecins bien sûr, mais seuls également, consacraient une part importante de leur temps de travail, et aussi de leur temps de congé, pour recruter de nouveaux praticiens.

Cela demande donc du temps, une vraie liberté d’action et aussi, et surtout de l’argent. Et c’est là que le bât blesse, car, si, dans beaucoup d’autres hôpitaux, on s’affranchit de quelques procédures et on a la cassette pour trouver des médecins, à Saint-Claude, c’est écrit : Verboten ! (interdit !).

Comme l’a dit M. MOREAU de l’ARS au conseil de surveillance de l’hôpital le 28 février 2017 : « l’ARS a un impératif financier. » Et comme l’a dit M. OBRECHT, directeur général adjoint de l’ARS le 28 février 2017 au Conseil de surveillance de l’hôpital : « Nous devons adapter notre service à la contrainte financière ». Et la feuille de route est dès lors connue : retour à l’équilibre financier. Point.

Voilà la politique de santé que l’hôpital Louis JAILLON a pour mission de déployer pour la population du Haut-Jura.

Quand ensuite, il est apparu que le déficit de l’hôpital de Lons-le-Saunier était le triple de celui de Saint-Claude, que les hôpitaux d’Oyonnax, Pontarlier, Dole, et des centaines d’autres hôpitaux en France étaient en déficit, avec un déficit total d’environ 1, 5 milliard d’euros, le discours
s’est infléchi : sécurité.

Mais de quelle sécurité s’agit-il ? Dans une région de moyenne montagne, sécurité et proximité vont ensemble. Et nous disposions d’une remarquable équipe de sages-femmes. Combien « d’événements graves indésirables », de décès de parturientes et/ou de nouveau-nés en 2016, 2017 ? Aucun !

Ces gens-là qui décident se moquent de nous.

Mais l’Histoire n’est pas terminée. Le Maire de Saint-Claude, en total accord avec le Comité de Défense, a déposé une requête auprès du tribunal administratif de Dijon pour annuler purement et simplement la décision de l’ARS de liquider la maternité.

Le comité de défense reste totalement mobilisé et prendra d’autres initiatives pour faire valoir les droits à la santé de la population du Haut-Jura.
Cette mobilisation s’impose d’autant plus que le service des urgences est à son tour dans le collimateur ;
NOUS POURSUIVONS LE COMBAT !!!

André JANNET, Président
du Comité de défense et de soutien de l’hôpital

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